La Sfoalc répond à la Commission européenne
Cette réponse peut aussi être lue sur le site de la Commission européenne.
L’objectif de la Sfoalc est de faire entendre une voix favorable à la protection de la santé publique plutôt qu’à la protection des intérêts commerciaux.
La réponse de la Sfoalc :
Monsieur
le Président de la Commission européenne,
La Société française des ophtalmologistes adaptateurs
de lentilles de contact (SFOALC) tient à répondre à
cette consultation publique concernant la refonte des
directives européennes sur les dispositifs médicaux.
La SFOALC est une société savante, regroupant plus de
mille médecins ophtalmologistes exerçant en France
s’étant, en plus d’une pratique classique
médico-chirurgicale, sur-spécialisés en
contactologie. La SFOALC existe depuis de nombreuses
années et œuvre dans le domaine de la formation
médicale, de la promotion et de la défense de la
santé publique. Principal membre de l’European
contact lens society of ophthalmologists (ECLSO), la
SFOALC s’est ouverte à l’Europe depuis longtemps.
Les médecins ophtalmologistes membres de la SFOALC
sont confrontés quotidiennement aux dispositifs
médicaux que sont les lentilles de contact et leurs
solutions d’entretien. Ils travaillent également avec
tous les dispositifs médicaux utilisés en
ophtalmologie. Ils sont au contact direct des
patients et de leurs difficultés, et jouent un rôle
important dans la Vigilance.
Plutôt que par une approche strictement commerciale
et concurrentielle, la SFOALC souhaite apporter sa
contribution à ce projet sous l’angle de la santé
publique et de la sécurité dans ce domaine des
dispositifs médicaux. Les médecins sont en effet les
premiers confrontés aux complications pouvant être
induites par les dispositifs médicaux et sont à ce
titre d’excellents observateurs des conséquences
parfois dramatiques que ces complications génèrent
sur le plan social, professionnel et économique.
Même si l’ouverture des marchés à la concurrence est
l’une des forces de l’Europe, les effets néfastes
d’une réglementation incomplète et inadaptée à de
nouveaux enjeux, comme les ventes de dispositifs
médicaux par Internet, se font déjà sentir. La
liberté du commerce ne doit pas faire oublier le
droit qu’ont tous les citoyens européens de jouir
d’une sécurité sanitaire maximale. L’occulter est
susceptible d’entraîner des conséquences économiques
non négligeables.
Vous comprendrez donc que les réponses que nous
apportons à ce questionnaire sont axées sur des
objectifs de santé publique, qui, cependant, ont le
plus souvent une portée financière favorable, et non
négligeable.
Veuillez agréer, Monsieur le Président, mes
respectueuses salutations.
Marie-Noëlle George
Présidente
Point
1 - Simplification légale: La fusion des neuf textes en
un seul texte juridique pourrait-elle, selon vous,
avoir des incidences positives ou négatives?
Pouvez-vous donner une estimation des coûts de ces
incidences à la fois en termes absolus et en termes
de ventilation par composante de coût (par exemple,
par an ou par homme-jour) ?
Sfoalc
- Une
simplification juridique, basée sur un souci de
protection de la santé publique, ne peut avoir qu’une
incidence positive sur le travail des professionnels
de santé utilisant les dispositifs médicaux dans leur
pratique courante. La complexité et la confusion
qu’entraîne l’existence de neuf textes différents
engendrent un sentiment d’opacité n’encourageant pas
les professionnels de santé à s’intéresser à des
textes juridiques qui affectent leur activité et la
santé des patients.
Point
2 - Classification basée sur le risque:
À votre avis, un
tel système de classification basé sur le risque
est-il plus souhaitable que le système actuel de
liste européenne ?
Connaissez-vous
d'éventuelles conséquences en matière de protection
de la santé publique ?
Pouvez-vous donner une
estimation des coûts ou des économies qui
résulteraient d'un passage à ce système de
classification de la GHTF ?
Sfoalc
- Oui, un
système de classification basé sur le risque est
souhaitable, afin que les produits qui n’étaient pas
sur la liste européenne, alors qu’ils sont à
l’origine d’atteintes à la santé, soient enfin
reconnus comme des dispositifs médicaux. La
classification basée sur le risque n’a d’intérêt que
si ce risque est correctement évalué, en
collaboration avec les médecins et les patients.
Point
3 : À
votre connaissance, ces dispositifs médicaux sont-ils
actuellement les seuls à ne pas être réglementés au
niveau européen ? Pouvez-vous en indiquer d'autres ?
La définition ci-dessus décrit-elle de manière exacte
ces dispositifs médicaux? Pouvez-vous suggérer
une
autre
définition ?
Sfoalc
- Les
lentilles non-correctrices colorées et les lentilles
fantaisie ne sont pas classées parmi les dispositifs
médicaux alors qu’elles comportent des risques
identiques à ceux des lentilles correctrices. Elles
bénéficient théoriquement des mêmes technologies, ne
sont soumises à aucune réglementation concernant leur
délivrance, pas plus qu’à l’information obligatoire
qui accompagne la délivrance et l’utilisation des
dispositifs médicaux. Les complications liées à ces
produits, qui ont fait l’objet de plusieurs
publications scientifiques, ont justifié leur
classement parmi les dispositifs médicaux par la Food
and Drug Administration, par exemple. Le principe de
précaution est mieux couvert par un système de
classification basé sur le risque.
L’identification du risque doit, bien entendu,
s’accompagner de mesures permettant de prévenir les
incidents.
Les ophtalmologistes et les patients doivent aussi
faire face à un autre problème concernant les
produits d’entretien des lentilles de contact.
Certains produits d’entretien sont distribués sous le
nom du distributeur chez lequel il est possible de
les acheter ou sous le nom d’une marque propre à ce
distributeur. Si l’emballage du produit ne change pas
au cours de l’année, le contenu peut être modifié à
plusieurs reprises, au gré des contrats de
sous-traitance, sans que le patient consommateur en
soit clairement informé, pas plus que l’opticien
salarié ou franchisé. Ces changements itératifs
peuvent entraîner des modifications de l’équilibre
entre la lentille de contact et l’œil du patient,
favorisant ainsi des réactions oculaires
immuno-allergiques, une intolérance, ou la survenue
d’épisodes inflammatoires. Il est indispensable
qu’une logique commerciale ne prime pas sur la santé
oculaire des patients qui souhaitent acheter ces
produits. Tout changement intervenant dans le contenu
du flacon d’un produit d’entretien devrait pouvoir
être identifié de façon rapide, simple et claire par
le patient. Certes la composition du produit figure
sur le flacon, mais le patient n’a pas les
connaissances pour s’intéresser aux modifications de
concentrations ou aux substitutions des agents actifs
au sein d’une solution. Il n’est pas acceptable qu’un
dispositif médical soit modifié à l’insu de son
utilisateur pour de simples raisons commerciales.
Point
4 : D'après vous, est-il
nécessaire, afin d’assurer une pleine et entière
protection de la santé publique, de réglementer ces
produits en tant que «dispositifs quasi-médicaux» ?
En supposant qu'une évaluation d'un organisme notifié
soit nécessaire pour ces «dispositifs
quasi-médicaux» implantables
ou invasifs, pouvez-vous estimer l'impact en termes
de coût pour chacune des trois options suivantes (par
produit, par an, par jour-homme) ?
La
délimitation de ces produits peut se faire de
différentes façons:
Option
1: Réglementer en tant que
«dispositifs quasi-médicaux» tous les produits
implantables ou invasifs qui ne sont pas couverts par
un autre régime législatif communautaire spécifique
(médicaments, cosmétiques, dispositifs
médicaux).
Option
2: Réglementer en tant que
«dispositifs quasi-médicaux» les produits appartenant
à une catégorie de produits qui comprend également
des produits à usage médical (par exemple, les
lentilles de contact cosmétiques, puisque certaines
lentilles de contact peuvent être
utilisées à des fins
médicales, les produits cosmétiques de comblement des
rides, étant donné que certains produits de
comblement des rides sont susceptibles d'être
utilisés dans un but médical, etc.).
Option
3: Réglementer en tant que
«dispositifs quasi-médicaux» les produits qui
seraient énumérés de manière exhaustive dans une
annexe de la future législation sur les dispositifs
médicaux.
Quel
serait l'impact socio-économique de ces options
?
Pouvez-vous suggérer
d'autres options ?
Sfoalc
- Les
lentilles de contact non-correctrices colorées ne
donnent pas des « quasi-complications » et
il n’y a pas d’atteinte « quasi-oculaire ».
Une atteinte de la fonction visuelle n’entraîne pas
un « quasi-problème », mais des
complications oculaires pouvant conduire à la cécité, et
nécessitant des thérapeutiques médicales ou
chirurgicales extrêmement lourdes et onéreuses.
Lorsque les risques sont identifiés, pour une
catégorie identique de produits, il n’est pas
envisageable, en terme de santé publique, de les
occulter et de privilégier la liberté
du commerce. Si le marché des dispositifs médicaux
est mondial, il convient aussi de s’intéresser aux
mesures prises par les pays non membres de l’Union
européenne dans le domaine des mesures de protection
de la santé publique. Ces mesures sont
particulièrement importantes, puisque les citoyens
concernés par ces produits
« quasi-médicaux » n’ont pas de problème de
santé justifiant une telle prise de risque, mais sont
le plus souvent motivés par des raisons esthétiques. De
nombreux adolescents témoignent du fait qu’ils
échangent avec leurs amis leurs lentilles fantaisie
après les avoir portées, comme ils le font avec leurs
vêtements. Le fait de pouvoir acheter ces lentilles
sans aucun contrôle, sans aucune sensibilisation, et
sans recommandations sur leur utilisation et leur
décontamination indispensable, favorise ces
pratiques, en les assimilant à de simples produits de
consommation courante. Or il est avéré, comme en
témoignent nombre de publications scientifiques
récentes, que le mésusage des lentilles et de leurs
solutions d’entretien est responsable d’une forte
proportion des accidents graves liés au port de
lentilles de contact. Il est regrettable que les
directives européennes n’intègrent pas les données
médicales actuelles qui démontrent la part importante
du mésusage dans la proportion et la gravité des
complications liés aux dispositifs médicaux.
En terme d’économie de la santé, de jours de travail
perdus et de coût socio-économique du handicap,
l’instauration d’une réglementation ne peut avoir
qu’un impact bénéfique.
L’option 3 reviendrait à retomber dans un système de
liste européenne et n’apporterait pas de progrès.
L’option 2 peut être choisie si l’on ne tient pas
compte des nouveautés.
L’option 1 apporte plus de sécurité pour la santé
publique, mais entraîne des contraintes.
C’est la Vigilance à un échelon européen et mondial,
avec une réponse unifiée et rapide qui doit être
privilégiée.
Point
5:
–
Quels aspects de
la révision de la «nouvelle approche» considérez-vous
comme particulièrement importants pour le secteur des
dispositifs médicaux, et pourquoi?
–
Il pourrait être
nécessaire de s'écarter des exigences formulées dans
le cadre de la « nouvelle approche », de les modifier
ou d'en ajouter de nouvelles, pour rendre compte des
particularités du secteur des dispositifs médicaux
puisque ces derniers, contrairement à d'autres
produits industriels, ont un effet direct sur la
santé et la sécurité des citoyens.
Quels
écarts, quelles modifications ou quelles exigences
supplémentaires recommanderiez-vous, et pourquoi ?
Sfoalc
- Si les
dispositifs sont qualifiés de médicaux, il convient
de replacer le médecin au centre du système. Les
médicaments sont aussi des produits commerciaux. Cela
implique-t-il qu’une vision concurrentielle et
commerciale l’emporte sur le bon sens et la
protection de la santé des citoyens ?
Point
6: Quels
sont d'après vous les changements nécessaires au
niveau des exigences
essentielles:
a) de
manière générale ?
b) concernant les tissus
et/ou cellules non viables et/ou leurs dérivés
?
c)
concernant les «dispositifs quasi-médicaux» ?
d) pour
rendre les dispositifs médicaux plus aptes à
s'adapter aux évolutions technologiques ?
Quelles
nouvelles exigences essentielles pourraient être
nécessaires et pourquoi ?
Veuillez également estimer
l'impact socio-économique des changements dans chaque
cas.
Sfoalc - Le premier défi à relever
est celui du commerce par Internet des dispositifs
médicaux ou « quasi-médicaux ». Seul le
respect d’une prescription réalisée par un
professionnel de santé compétent peut assurer au
patient une sécurité sanitaire. La vente d’un
dispositif médical doit donc être subordonnée à
l’obligation pour le vendeur d’obtenir une telle
prescription avant toute délivrance. Le vendeur devra
archiver cette prescription. Cette disposition est
capitale et permet d’assurer la traçabilité effective
jusqu’au patient. Dans d’autres pays, hors Union
Européenne, les ventes de lentilles de contact sur
Internet sont soumises à l’obligation de présentation
d’une prescription.
À l’heure actuelle, aucun fabricant n’est en mesure
de fournir des informations précises concernant les
patients utilisant ses dispositifs du type lentilles
de contact ou solutions d’entretien. Les produits
sont, chez de nombreux opticiens, « over the
counter » et aucune information n’est demandée à
l’acheteur. Lorsqu’un incident majeur survient, les
fabricants font appel aux médias pour prévenir les
patients d’un risque. Il arrive régulièrement qu’ils
fassent appel à l’ophtalmologiste pour recueillir
auprès du patient des informations comme le numéro de
lots du produit. Si l’ophtalmologiste, dont ce n’est
pas le rôle, n’est pas en mesure de fournir ces
informations, de nombreux fabricants reconnaissent ne
pas pouvoir agir, même face à un problème grave. Les
fabricants interrogés à ce sujet indiquent qu’ils ne
parviennent pas à imposer à leurs distributeurs une
traçabilité incluant le patient, pour des raisons
commerciales. Cela met en péril la santé publique.
Un autre problème vient de la vente en gros de
produits marqués CE à des distributeurs hors du
marché européen. La traçabilité sur ces dispositifs
s’arrête aux frontières de l’Union européenne. Ils
sont ensuite réintroduits sur ce même marché grâce au
marquage initial afin d’être revendus à bas coûts
sans que l’on puisse connaître ce qu’il est advenu
d’eux entre temps. Ces pratiques favorisent la
contrefaçon, permettent des stockages dans des
conditions ne respectant aucunement les règles
sanitaires élémentaires (température, par exemple) et
n’offrent aucun respect des règles de traçabilité. Le
commerce, là encore, prime sur la santé publique.
Point
7: Pouvez-vous citer des
exemples d'États membres mettant en place leurs
propres exigences nationales spécifiques en matière
de dispositifs, de méthodes ou de matériaux ?
Pouvez-vous donner une
estimation des coûts résultant de ces différentes
exigences spécifiques concernant les dispositifs ?
Quels seraient les impacts socio-économiques de la
mise en place d'«exigences spécifiques harmonisées» ?
Sfoalc
- La
France et son Agence française de sécurité sanitaire
des produits de santé (Afssaps) classent les
solutions d’entretien des lentilles de contact parmi
les dispositifs à potentiel de risque élevé. Comment
est-il possible avec un tel classement de voir le peu
de cas qui est fait de la traçabilité de ces
produits par la simple application des
directives actuelles ?
Point
8: La
Commission souhaite faire plusieurs propositions
concernant le fonctionnement et les activités des
organismes notifiés, dont certaines pourraient être
cumulatives. De plus, deux options pourraient être
avancées pour renforcer le système. Quel est votre
avis sur chaque proposition et option et quelle
serait votre estimation des impacts et des coûts en
jeu ?
Proposition
1
Augmenter
la transparence des activités des organismes notifiés
(par exemple, à travers l'obligation pour l'organisme
notifié de publier des rapports annuels).
Proposition
2
Mettre au
point un système d'échange d'informations amélioré
entre les organismes notifiés et les autorités
compétentes.
Proposition
3
Assurer
une meilleure coopération entre les autorités
compétentes en ce qui concerne les activités des
organismes notifiés.
Proposition
4
Imposer
l'application par les États membres de sanctions et
de pénalités lorsqu'un organisme notifié n'agit pas
de manière appropriée.
Proposition
5
Mettre en
place des mesures pour faire cesser la course au plus
offrant («forum
shopping») par les fabricants. Le
« forum shopping
» est la terminologie
informelle utilisée pour désigner la pratique de
certains fabricants de soumettre leurs produits à
l’organisme notifié auprès
duquel ils estiment avoir le
plus de chance d’obtenir un avis favorable.
Proposition
6
Créer un
lien automatique entre les clauses de sauvegarde
acceptées et le retrait de la certification pour les
dispositifs médicaux correspondants.
Les
propositions ci-dessus pourraient être associées à
l'une et/ou l'autre des options suivantes:
Option
1
Le
renforcement des contrôles en matière de nomination
(y compris l'établissement et la définition du rôle
de l’accréditation) et de surveillance des organismes
notifiés par les États membres.
Option
2
Un
système centralisé de désignation finale et de
contrôle de la surveillance par la Commission avec
l'aide d'experts.
Sfoalc
- Il faut
exiger que les organismes notifiés fassent l’objet
d’une évaluation de la part de ceux à qui ils
s’adressent. Soit par l’intermédiaire d’audits
indépendants, soit en interrogeant directement les
professionnels de santé. Il convient de questionner
les acteurs de la filière n’ayant pas d’intérêt
commercial avec les produits. On peut pour cela faire
confiance aux sociétés savantes présentes dans les
différents pays de l’Union. Le rôle des publications
internationales dans des revues de référence,
disposant d’un comité de lecture reconnu pour ses
compétences scientifiques, indépendant de toute
pression commerciale, ne doit pas être négligé. Un
contrôle purement administratif n’apportera rien et
fera perdre un temps précieux. Travailler sur
l’éthique, plus que sur l’aspect commercial paraît
fondamental dans une telle démarche. Les utilisateurs
et ceux qui voient les effets des dispositifs
médicaux sont les mieux placés pour en observer et en
colliger les conséquences, et pour lutter contre le
« forum shopping ». Si un organisme notifié
venait à valider à plusieurs reprises des produits
qui sont reconnus comme mettant en jeu la sécurité
sanitaire par les utilisateurs et les professionnels
de santé sans activité commerciale, cet organisme
devrait être sanctionné.
Point
9: Quels
sont les avantages et inconvénients sociaux et
économiques de l'élargissement du rôle de l'EMEA dans
le cadre législatif des dispositifs médicaux ? Si
possible, et s'il y a
lieu, veuillez exprimer ces
avantages et inconvénients sociaux et économiques en
termes de coût.
Quel est d'après vous le
délai approprié pour l'évaluation et l'approbation
d'un dispositif de la catégorie à plus haut niveau de
risque ?
Sfoalc
- Une
évaluation étatique ou administrative n’est pas un
gage d’efficacité et de sécurité. C’est sur la
Vigilance qu’il faut mettre l’accent. Il est
nécessaire de mettre en place un système d’alerte
facile à utiliser pour ceux qui ont des obligations
déclaratives. Couplé à une traçabilité incluant le
patient, un système d’alerte performant permet une
réaction rapide et ciblée. De telles dispositions
permettraient de faire économiser à la société des
dépenses de soins, de handicap et de journées de
travail perdues.
Point
10: Si
l'EMEA devait participer à l'évaluation des
dispositifs de la catégorie à plus haut niveau de
risque, quels devraient être ces produits (par
exemple, les dispositifs médicaux composés
exclusivement de cellules et/ou de tissus humains non
viables et/ou de leurs dérivés
et les dispositifs médicaux
incorporant ces cellules et/ou tissus et/ou leurs
dérivés ayant une action accessoire à celle du
dispositif médical, et
certains produits des catégories
suivantes:
dispositifs médicaux de
classe III, dispositifs utilisant des nanomatériaux,
dispositifs médicaux de diagnostic in vitro et
dispositifs médicaux implantables actifs) ?
Étant
donné que l'expertise et le processus d'approbation
de l'EMEA sont d'ores et déjà prévus pour les tissus
humains «viables» (en vertu du règlement (CE) n°
1394/2007 du Parlement européen et du Conseil du 13
novembre 2007 concernant les médicaments de thérapie
innovante et modifiant la directive 2001/83/CE ainsi
que le règlement (CE) n° 726/2004), il semblerait
logique de soumettre également les tissus «non
viables» à l'approbation au travers de la même
expertise et du même processus. Quels seraient
d'après vous les impacts sociaux et économiques si
tel était le cas ?
Sfoalc
- La
Sfoalc ne se prononce pas sur cette question.
Point
11: Deux
questions fondamentales se posent en cas de
l’extension du rôle de l'EMEA dans l'évaluation des
dispositifs médicaux de la catégorie à plus haut
niveau de risque: i) de quelle façon un dossier
est-il soumis à l'EMEA pour avis et ii) quel est le
processus décisionnel final ?
Pour ces deux questions, des
solutions peuvent être proposées. Lesquelles, selon
vous, sont les meilleures et pour quelles raisons ?
Pouvez-vous suggérer d'autres modalités pour faire
intervenir l'EMEA dans l'évaluation des dispositifs
de la catégorie à plus haut niveau de
risque et
pour prendre en compte les avis rendus par l'EMEA ?
I)
De quelle façon un dossier est-il soumis à l'EMEA
pour avis ?
Option
1
Aucune
participation des organismes notifiés, ce qui suppose
une soumission directe des dossiers de fabricants
relatifs aux dispositifs de la catégorie à plus haut
niveau de risque à l'EMEA pour avis.
Option
2
Variante
de l'option 1. Obliger les fabricants à soumettre
directement leurs dossiers relatifs aux dispositifs
de la catégorie à plus haut niveau de risque à
l'EMEA, pour que cette dernière désigne ensuite un
organisme notifié comme «rapporteur». L'organisme
notifié «rapporteur» évalue ensuite le dossier et
envoie sa recommandation à l'EMEA pour avis
final.
Option
3
Maintenir
la responsabilité de l'organisme notifié pour
l'évaluation globale des dossiers comme c'est le cas
actuellement, mais obliger les organismes notifiés à
envoyer leurs rapports préliminaires concernant les
dispositifs médicaux de la catégorie à plus haut
niveau de risque
à l'EMEA pour
avis.Option
4
Variante
de l'option 3. Maintenir la responsabilité de
l'organisme notifié pour l'évaluation globale des
dossiers, mais au lieu d'une évaluation systématique
du rapport préliminaire par l'EMEA, obliger les
organismes notifiés à informer l'EMEA de toutes les
demandes
d'évaluation reçues pour les
dispositifs de la catégorie à plus haut niveau de
risque et permettre à l'EMEA, sur la base d'un
intérêt de santé publique, de choisir les rapports
d'évaluation sur lesquels elle rendra son
avis.
II) Quel est le processus décisionnel final ?
Deux
possibilités peuvent être envisagées:
Possibilité
1: Pour
les options 1 ou 2 ci-dessus, c'est-à-dire un avis de
l'EMEA au lieu d'un certificat de l'organisme
notifié, le processus décisionnel normal serait une
autorisation de mise sur le marché de la Commission
fondée sur une décision prise en comitologie.
Possibilité
2: Pour
les options 3 ou 4 ci-dessus, c'est-à-dire le
maintien de la responsabilité globale de l'organisme
notifié, le système actuel resterait inchangé,
l'organisme notifié délivrant son certificat, mais
uniquement après réception d'un avis favorable de
l'EMEA.
Sfoalc
- La
Sfoalc ne se prononce pas sur cette question.
Point
12: Voyez-vous une quelconque
raison négative qui empêcherait le comité des
dispositifs médicaux de l'EMEA d'avoir également
accès à tous les rapports d'évaluation des organismes
notifiés afin d’établir et de contrôler un niveau
élevé d'évaluation et de requérir une mesure
corrective le cas échéant ?
Sfoalc
- Il est
indispensable que la transparence soit maximale dans
le domaine des dispositifs médicaux. Il n’est pas
raisonnable de s’opposer à une mesure allant dans ce
sens.
Point
13: Une
ou plusieurs propositions pour améliorer le système
de vigilance pourraient être envisagées comme
appropriées. Dans chaque cas, pouvez-vous donner une
estimation de l'impact socio-économique de la
proposition considérée ?
Proposition
1
Établir
une obligation pour les établissements médicaux et
les professionnels de la santé de signaler les
incidents et inviter les patients à faire de même,
instaurer des délais pour le signalement et les
mesures correctives, et diffuser des informations sur
les mesures correctives du fabricant.
Proposition
2
Créer une
obligation pour l'organisme notifié de contrôler
périodiquement le système de vigilance du
fabricant.
Proposition
3
Charger
l'EMEA de coordonner les rapports de vigilance et de
détecter les signaux.
Proposition
4
Permettre
à la Commission d'imposer des mesures restrictives,
sur la base de l'avis du comité des dispositifs
médicaux de l'EMEA.Proposition
5
En outre,
en gardant à l'esprit que le marché des dispositifs
médicaux est dans une très large mesure un marché
mondial, faudrait-il prévoir l'échange d'informations
sur des incidents et des mesures correctives au
niveau international ? Cet échange a lieu à l'heure
actuelle sur une base volontaire à travers la GHTF,
mais pourrait être renforcé.
Sfoalc
- Concernant la proposition 1,
ce n’est pas la volonté des professionnels de santé
n’ayant pas d’activité commerciale qui manque, mais
la difficulté qu’ils ont pour le faire qui freine la
vigilance. L’obligation de déclaration est prévue par
le Code de santé publique en France. Des sanctions
sont prévues si le praticien ne s’y plie pas. Mais
les contraintes sont telles qu’un faible pourcentage
des incidents est déclaré, malgré les risques
juridiques encourus. Pour ceux qui remplissent leurs
obligations, c’est le manque de retour
d’information,
de suivi et l’impression d’inutilité de leur action
qui les découragent à poursuivre dans cette voie. Une
déclaration de matériovigilance ne devrait pas se
transformer en contrainte administrative pour un
professionnel de santé dont l’objectif est le soin.
La vigilance doit impliquer le patient, afin de le
sensibiliser et de le responsabiliser.
Proposition 2 : la Vigilance peut servir de
contrôle. Ce qui est essentiel, c’est la sécurité
lors de l’utilisation des dispositifs médicaux. Un
contrôle en amont n’a pas d’intérêt si la vigilance
au niveau de l’utilisateur est mal assurée.
Proposition 3 : une coordination est
indispensable.
Proposition 4 : il convient que les avis de
l’EMEA puissent être suivis d’effets.
Proposition 5 : si les dispositions actuelles
étaient efficaces, les lentilles de contact
non-correctrices seraient déjà classées comme
dispositifs médicaux dans tous les pays d’Europe.
Il est évident qu’il doit être tenu compte des
dispositions prises et de leur diffusion à l’échelle
mondiale.
Point
14: Afin
de renforcer la surveillance du marché, il pourrait
être opportun:
– d'avoir un système
d'enregistrement européen central des
dispositifs;
– de remanier et rationaliser
les règles relatives à la surveillance du
marché;
–
de renforcer les
dispositions concernant la Commission en matière de
coordination;
– dans les cas où la
Commission doit prendre une décision, d'avoir la
possibilité de demander un avis scientifique du
comité des dispositifs médicaux de l'EMEA.
Voyez-vous quelque problème
avec ces mesures en vue d’accroitre la surveillance
du marché ?
Pouvez-vous suggérer
d'autres améliorations ?
Sfoalc
- La
Sfoalc ne se prononce pas sur ce point.
Point
15: Le
comité des dispositifs médicaux de l'EMEA pourrait
rendre un avis commun avec le comité des médicaments
à usage humain (CHMP) sur la qualification appropriée
d'un produit.
On pourrait également
envisager que le comité des dispositifs médicaux de
l'EMEA puisse rendre un avis sur la classification
d'un dispositif médical ou même que cette dernière
puisse rendre des avis ou formuler des conseils
scientifiques sur d'autres questions techniques
liées
aux
dispositifs médicaux.
Quels seraient à votre avis
les impacts d’un tel système sur la protection de la
santé ou d’un point de vue économique ?
Sfoalc
- Il
semblerait plus adapté de renforcer les actions de
l’EMEA quant aux processus de contrôle et de
réglementation concernant les dispositifs médicaux
bénéficiant du marquage CE, voire de pouvoir délivrer
un label type « approuvé par l’EMEA »,
comme c’est le cas avec la FDA, pourvu que ce label
représente une garantie de santé et non une
protection commerciale.
Point
16: Il
serait opportun d'évaluer les documents d'orientation
de la GHTF et de les reprendre autant que possible
dans le cadre européen.
Pouvez-vous estimer
(approximativement) les coûts résultant des
divergences réglementaires internationales ? Quelles
sont les incidences positives et négatives d'une
harmonisation de l'Europe sur le modèle réglementaire
global de la GHTF ?
Dans quelle mesure la
législation européenne doit-elle refléter le modèle
global de la GHTF :
Pleinement ?
Uniquement lorsque cela est
possible? Veuillez expliquer dans quels domaines
c’est possible et pourquoi.
Pas du tout ? Veuillez
expliquer pourquoi.
De quels documents
d'orientation de la GHTF recommanderiez-vous la
transposition dans la législation européenne ?
En cas
d'alignement total, pouvez-vous estimer les économies
que cela génèrerait pour les entreprises européennes
?
Quelle
serait la valeur ajoutée en termes de protection de
la santé publique ?
Sfoalc
- La
Sfoalc ne se prononce pas sur cette question.
Point
17: Pouvez-vous suggérer des
propositions spécifiques pour renforcer le système
européen contre les critiques d'une vérification et
d'un traitement inégaux des dispositifs médicaux
importés par rapport aux dispositifs médicaux
fabriqués dans la Communauté ?
Sfoalc
- Si ces
pays sont en mesure d’assurer une traçabilité sans
faille des dispositifs médicaux, ils n’ont pas à
subir de traitement particulier. Le marquage CE
n’apporte plus aucune sécurité dès lors que les
produits ont transité dans des pays hors de l’Union.
Il convient donc de faire preuve de la même
intransigeance envers ces produits qu’envers des
produits ne portant pas le marquage CE.
Point
18: Pour
les cas où il n'existe
aucune exigence légale dans le pays
importateur, un régime de certificat
d'exportation distinct pourrait être élaboré sur la
base des directives, requérant par exemple que les
dispositifs médicaux destinés à l'exportation soient
traités de la même façon que les dispositifs médicaux
destinés au marché communautaire (apposition du
marquage CE) ou exigeant du fabricant qu'il applique
un système de gestion de la qualité (sous la forme de
bonnes pratiques de fabrication). Veuillez donner
votre évaluation de ces propositions en termes
d'impacts sociaux et économiques.
Sfoalc
- En
garantissant la qualité des dispositifs médicaux,
l’Union européenne préserve la santé publique et
réduit les coûts des affections liées à leurs
risques.
Point
19: Pouvez-vous suggérer des
mesures appropriées dans un cadre juridique futur
relatif aux dispositifs médicaux qui pourraient
améliorer la lutte contre la contrefaçon de ces
dispositifs ?
Sfoalc
- La
traçabilité est le meilleur garant contre les
contrefaçons. Nous proposons donc de mettre en place
des mesures faisant perdre le marquage CE aux
dispositifs médicaux dont la traçabilité ne peut pas
être assurée ou pour lesquels la traçabilité se
révèle ne plus être fiable, comme par exemple le fait
de transiter hors de l’Union Européenne après y avoir
acquis le marquage CE.
Point
20: Quels
éléments des directives relatives aux dispositifs
médicaux ont donné lieu à une incertitude juridique
particulière quant à leur application? Les coûts
administratifs,
notamment ceux liés à la
familiarisation avec la législation applicable et à
sa compréhension, en ont-ils été augmentés ? Ces
coûts peuvent-ils être quantifiés, par exemple en
évaluant les hommes-heures nécessaires ? Comment ces
coûts peuvent-ils être réduits sans compromettre pour
autant la sécurité des dispositifs médicaux mis sur
le marché ?
Sfoalc
- L’incertitude quant à
l’obligation pour les distributeurs d’assurer la
traçabilité jusqu’aux patients. La dernière partie de
cette question donne une nouvelle fois à penser que
c’est la logique économique qui
prime.
Il
est regrettable que l’évaluation du coût soit
uniquement basée sur les retombées commerciales des
directives, et non sur les conséquences de santé
publique, et donc économiques et sociales, que
peuvent engendrer l’absence de réglementation, de
contrôle et de traçabilité de la distribution des
dispositifs médicaux.
Point
21: Serait-il préférable de
réglementer les dispositifs médicaux au moyen d'un
règlement (c'est-à-dire un acte directement
applicable, voir l'article 249, paragraphe 2, du
traité CE)? Quel serait l'impact socio-économique de
cette option ?
Sfoalc
- Si ce
règlement a pour but de privilégier l’approche
commerciale, mieux vaut en rester à des directives en
espérant que le plus grand nombre de pays européens
aura le bon sens de s’en tenir à une approche de
santé publique. Il est, là aussi, regrettable
d’occulter les conséquences humaines et financières
en termes de santé publique, pour n’aborder que le
problème directement lié au commerce.
Point
22: On
pourrait envisager de fondre tous les modules
d'évaluation de la conformité des systèmes de qualité
en un seul qui serait semblable au module actuel de
l'annexe II de la directive 93/42/CEE concernant les
dispositifs médicaux. Cela serait-il une
simplification du système ? Quels seraient les
avantages en termes de charge administrative et de
coûts ?
Si
certaines options relatives à la conformité doivent
être retenues, quelles sont-elles et pour quelles
raisons ? Quels sont les arguments sociaux et
économiques convaincants pour les conserver ?
Pouvez-vous estimer l'incidence négative si elles
sont abandonnées progressivement ?
Sfoalc
- La
Sfoalc ne se prononce pas sur cette question.
